Visite d'une usine en Chine

Notre camarade Pierre Charléty, membre de la section PS de Hong Kong, fait partie de ces entrepreneurs français qui ont tenté l’aventure chinoise.
En l’occurrence avec succès. En 1999, après avoir racheté une entreprise d’import-export à Hong Kong, il crée une usine à Gongming, une petite bourgade entre Canton et Shenzhen, en Chine méridionale. Les sept salariés du début sont maintenant devenus près de 300. F.O.B. Instruments Ltd produit des thermomètres à usage professionnel (restauration, etc.). Pour deux d’entre eux la société est leader mondial. 
Comme dans toutes les usines de Chine, les ouvriers (en majorité des femmes, plus nombreuses sur le marché du travail) sont logés et nourris par l’employeur, sur leur lieu de travail.
L’usine occupe trois étages, où sont effectuées toutes les étapes de la production, de la découpe des boîtiers en métal jusqu’à l’emballage, en passant par la fabrication des circuits électroniques et le montage des puces à l’intérieur des boîtiers. D’importantes équipes de vérification de la qualité fonctionnent en parallèle, un département de recherche et d’essais complète la production ainsi que les services administratifs et commerciaux.
Le rythme de travail est plutôt tranquille, même à la chaîne de montage. Les ouvriers ne sont pas soumis à des cadences mais à des quotas de réussite. Les horaires de travail sont ceux du droit du travail chinois : huit heures par jour, en deux vacations de quatre heures, six jours par semaine. Le salaire mensuel moyen est de 800 yuans ; dans la région de Shenzhen le SMIC est à 674 yuans.
Dans la cour, une table de ping-pong sépare l’usine des dortoirs où sont logés les ouvriers, dans l’enceinte même de l’entreprise. Au rez-de-chaussée du bâtiment se trouve la cantine qui sert les trois repas quotidiens, gratuitement conformément à la loi. Les dortoirs sont répartis sur trois étages, en chambrées de quatre à huit lits superposés, avec pour chacune une douche et un WC. Pour le logement 50 yuans sont déduits du salaire.
Pierre Charléty doit tous les jours éconduire des Chinois qui frappent à la porte de F.O.B. Instruments à la recherche d’un emploi. Pourquoi là plutôt qu’ailleurs, alors que salaires et conditions de travail y sont les mêmes que dans la plupart des entreprises ? La réponse est dans les conditions de logement, nettement plus confortables que le standard chinois, avec en particulier un téléphone dans chaque chambrée, permettant de recevoir des appels et d’en donner via une carte de paiement. Et aussi l’atmosphère simple et amicale, la mobilité entre les différents services, le contact facile et permanent avec le patron, qui, partageant à l’occasion le bol de riz des ouvriers, accueille avec le sourire les critiques moqueuses de son personnel. 

Aude Yung 
5.01.05 

   

   

  
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